6 itinéraires pédestres en Dordogne pour marcher hors des sentiers battus
14 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Nouvelle-Aquitaine · Dordogne
La Dordogne se parcourt souvent en canoë ou depuis les routes des châteaux, mais ses chemins de terre réservent des paysages qui changent à chaque pas. Voici six boucles où la géologie, l’histoire et les cultures locales dictent le rythme de la marche, du causse sec aux étangs oubliés du nord.
1. Boucle de la Romani-clémentienne – Saint-Romain-et-Saint-Clément
Ici, le sentier suit les traces d’une industrie disparue : les pains de glace fabriqués à la filature de la Verdale jusqu’au milieu du XXᵉ siècle. Les vestiges des moulins et des vignes abandonnées jalonnent la boucle, mais c’est la forêt de châtaigniers qui impose sa présence, dense et fraîche même en été. Le sol argileux colle aux chaussures, rappelant que cette terre fut autrefois travaillée par des générations de paysans-mineurs.
2. Boucle des étangs – Firbeix
Le départ depuis le parking de la station essence donne le ton : on quitte la RN21 pour s’enfoncer dans un paysage de landes humides où les étangs se succèdent sans logique apparente. L’itinéraire joue avec les perspectives, cachant les plans d’eau derrière des rideaux de bouleaux avant de les révéler brusquement. Le pont sur la Dronne marque un passage étroit entre deux mondes, celui des routes nationales et celui des chemins de terre où l’on croise plus de hérons que de randonneurs.
3. Boucle de Monsaguel
Les plateaux céréaliers s’étendent à perte de vue, mais c’est dans les parcelles boisées que le sentier prend tout son sens. Les vignes, rares et dispersées, trahissent un terroir en sursis, tandis que les affleurements de pierre calcaire offrent des belvédères improvisés sur les vallons. Le passage aux Tendoux, avec ses murets de pierres sèches, rappelle que ces bois furent autrefois des champs. L’argile sous les pieds colle aux semelles, comme pour souligner la lenteur du paysage.
4. Autour de la châtaigne – Villefranche-du-Périgord
La bastide médiévale n’est qu’un prélude : c’est dans les châtaigneraies que la randonnée prend son ampleur. Le domaine de Rapatel, spécialisé dans la culture des variétés locales, ponctue le parcours de ses cabanes en pierre et de ses séchoirs à châtaignes. Les feuilles larges des arbres filtrent la lumière, créant une ambiance de sous-bois permanent. Le contraste entre les ruelles pavées de la bastide et les chemins forestiers, où l’on entend parfois le bruit d’un tracteur au loin, est saisissant.
5. Chemin d’Amadour : étape 20 – Saint-Julien-de-Lampon à Souillac
Ici, la géologie se lit sous les pieds : le sentier quitte les coteaux boisés de la Dordogne pour s’élever vers le causse, où le calcaire du Jurassique affleure en plaques blanches. Les clairières agricoles, ouvertes comme des fenêtres sur les vallées, alternent avec des passages ombragés où le sol se couvre de mousse. La frontière entre les deux types de calcaire, visible dans les talus, donne l’impression de marcher sur une carte géologique à ciel ouvert.
6. Belvès en écomobilité – Le village aux 7 clochers
La randonnée commence et s’achève dans les ruelles médiévales de Belvès, mais c’est en dehors du village que le chemin révèle son originalité. Le hameau de la Barde, avec ses maisons en pierre blonde, semble posé au milieu des champs comme un décor de théâtre. Les sept clochers, visibles depuis les hauteurs, servent de repères tout au long de la boucle, rappelant que chaque pas s’inscrit dans une histoire hospitalière vieille de plusieurs siècles. Les panneaux d’écomobilité, discrets mais présents, invitent à ralentir encore le rythme.