Ce week-end en Dordogne : entre mains habiles et horizons apaisés

19 août 2026 · La rédaction de Sortir en Nouvelle-Aquitaine · Dordogne

Ce week-end en Dordogne : entre mains habiles et horizons apaisés

La Dordogne, ce week-end, se fait atelier à ciel ouvert. Pas seulement parce que le soleil d’août y dessine des ombres longues sur les pierres des villages, mais parce que les mains y prennent le relais des mots. À Saint-Jory-de-Chalais, samedi, on troquera volontiers la passivité du consommateur contre l’acte simple et presque révolutionnaire de mettre en bocaux. « Conserves & confiture : faire soi-même » n’est pas qu’un atelier, c’est une invitation à reprendre possession du temps, celui des saisons qui défilent trop vite entre les étals des supermarchés. Apprendre à stériliser un bocal, à choisir ses tomates un peu trop mûres pour les étals mais parfaites pour une sauce, c’est aussi une façon de réapprendre à regarder ce que l’on mange. Et si l’on repart avec des pots qui trinqueront sur une étagère, on emporte surtout l’idée que la patience est une saveur en soi.

Brantôme, capitale éphémère des regards croisés

Dimanche, Brantôme se transforme en une galerie à ciel ouvert où quatre artistes, sans s’être concertés, semblent dialoguer par toiles interposées. Pierre Chantalat, F. Jacquette, Mado Pourtin Mousnier et Yves Calméjane exposent côte à côte, et c’est cette juxtaposition qui intrigue. On imagine Chantalat, peut-être plus abstrait, jouant avec les textures des falaises qui bordent la Dronne, tandis que Pourtin Mousnier, dont on ne connaît ici que le patronyme, pourrait glisser des portraits de ces femmes qui, l’été, lisent assises sur les berges. À quelques pas, la galerie Art’9 à Périgueux propose un autre dialogue, plus contrasté : les hanches qui dansent sous le pinceau de Lioudmila Harscouet répondent aux paysages figés de Christophe Gay, où chaque photo semble extraite d’un carnet de voyage oublié sur une table de bistrot. Ces expositions, gratuites, sont une aubaine pour qui veut se laisser surprendre sans programme préétabli — l’art, ici, n’est pas une performance, mais une conversation.

Saint-Léon-sur-Vézère, ou l’art de ralentir

Le même dimanche, à une trentaine de kilomètres, Saint-Léon-sur-Vézère accueille son marché artisanal, organisé par le collectif « Les Ptits rayons de St Léon ». L’intitulé, modeste, cache une ambition plus large : celle de montrer que l’artisanat n’est pas qu’un savoir-faire, mais une façon de vivre. On y trouvera des cuirs travaillés à la main, des bijoux où chaque perle raconte une histoire, et ces teintures végétales qui rappellent que la couleur, avant d’être chimique, était une affaire de racines et de feuilles. Le marché se tient sur la place du village, à l’ombre des tilleuls, et l’on devine que les discussions entre artisans et visiteurs prendront le temps qu’il faudra. C’est d’ailleurs là, peut-être, le vrai luxe du week-end : celui de ne pas avoir à choisir entre la hâte et l’ennui, mais de pouvoir s’attarder, un verre de jus de pomme local à la main, à écouter un artisan expliquer pourquoi il a préféré le fil de lin au coton.

Et si l’on prenait de la hauteur ?

Pour ceux qui, après ces journées passées à observer, créer ou discuter, auraient besoin de se recentrer, le stage de yoga à Saint-Mesmin, dimanche, offre une parenthèse plus introspective. Trois heures de yoga Iyengar le matin, suivies d’une séance de yoga aérien l’après-midi : l’idée n’est pas de transformer les participants en acrobates, mais de leur rappeler que le corps, lui aussi, peut être un territoire à explorer. Le cadre — un domaine entouré de forêts, où l’on entend parfois le cri d’un rapace — ajoute à cette impression de s’être extrait, le temps d’une journée, du bruit du monde. Ce stage est sans doute le coup de cœur de cette sélection : parce qu’il ne propose pas une activité, mais une expérience, et parce qu’il rappelle que le Périgord n’est pas qu’un décor, mais un espace où l’on peut, littéralement, se poser.

Pour prolonger l’élan

Si ces propositions ont éveillé l’envie d’explorer davantage, la Dordogne regorge de lieux où le temps semble suspendu. La boucle de la Madeleine, à Bergerac, est de ceux-là : en moins de quatre kilomètres, on passe d’une église du XIIe siècle aux berges de la Dordogne, en empruntant le vieux pont qui, depuis des siècles, relie les deux rives. À Issigeac, la balade autour du bourg médiéval est une leçon d’architecture à ciel ouvert, où chaque maison à pans de bois raconte une époque où le bois était une ressource précieuse, à économiser et à embellir. Et pour ceux qui préfèrent les espaces sauvages, le Grand Étang de la Jemaye ou la vallée des Beunes offrent des refuges où la faune — la cistude d’Europe, notamment — rappelle que la nature, ici, n’est pas un décor, mais un écosystème fragile et précieux. Ces lieux ne sont pas des « incontournables », mais des invitations à ralentir, à observer, et à se laisser surprendre par ce qui, souvent, échappe au regard pressé.

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