Ce week-end en Lot-et-Garonne : quand l’art et le terroir prennent racine

16 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Nouvelle-Aquitaine · Lot-et-Garonne

Ce week-end en Lot-et-Garonne : quand l’art et le terroir prennent racine

Le Lot-et-Garonne s’éveille ce week-end sous le signe des couleurs, des saveurs et des rencontres. Entre les ateliers d’artistes qui ouvrent leurs portes et les expositions qui révèlent des univers singuliers, la vallée du Dropt et ses alentours deviennent un terrain de jeu pour les curieux. Et si l’on y ajoute le chant des confitures qui se marient aux fromages, ou celui des chorales qui résonnent dans les villages, on comprend vite que ce territoire a choisi de mêler l’éphémère à l’intime.

L’art en mouvement : une balade dans les ateliers de la vallée du Dropt

Notre coup de cœur cette semaine ? DROPT’ART, cette huitième édition qui transforme la vallée du Dropt en un vaste atelier à ciel ouvert. Du 11 au 19 septembre, une vingtaine d’artistes vous accueillent dans leurs lieux de création, dispersés dans treize villages et bastides. Peintres, sculpteurs, céramistes… chacun y dévoile son processus, ses outils, ses hésitations parfois. Ce qui frappe, c’est cette proximité : on ne visite pas une exposition, on entre dans un univers, on discute avec celles et ceux qui façonnent la matière. À Duras, mais aussi à Allemans-du-Dropt ou à La Sauvetat, les routes de campagne deviennent des fils conducteurs entre ces espaces de création. Une façon de rappeler que l’art, ici, n’est pas réservé aux galeries des grandes villes – il pousse là, entre les vignes et les vieilles pierres, comme une évidence.

Pour prolonger cette immersion, deux autres rendez-vous retiennent l’attention. À Monflanquin, la salle d’Aquitaine accueille les œuvres de Sylvie Mayelle, Marie Aline Boudau et Hortense Driguet, trois artistes aux approches distinctes mais dont les travaux dialoguent avec une certaine douceur. Peintures, sculptures et installations se répondent dans un espace où l’on prend le temps de regarder. Même esprit à Beauville, où Ursula S Ogaki et Cécile Solivères exposent leurs créations, accompagnées des sculptures de Peter Hibbard. Le vernissage du 11 septembre à 18h promet d’être un moment convivial, où l’art se partage autour d’un verre.

Quand le terroir se déguste… et s’explique

Si l’art se savoure des yeux, le Lot-et-Garonne offre aussi de quoi éveiller les papilles. À Baleyssagues, la P’tite Confiote propose deux expériences gourmandes ce samedi 12 septembre. D’abord, une visite du laboratoire le matin, où l’on découvre les coulisses de la fabrication des confitures : le choix des fruits, la maîtrise du sucre, les secrets d’une texture parfaite. L’après-midi, place à la dégustation d’accords confitures et fromages, un exercice subtil où chaque saveur est pensée pour se répondre. Douze places seulement par session – de quoi transformer cette dégustation en un moment presque intime, où l’on apprend autant qu’on se régale. Une parenthèse malicieuse, loin des sentiers battus de la gastronomie.

Et parce que le patrimoine se vit aussi à travers ses traditions, ne manquez pas les Burgondiales du Patrimoine à Bourgougnague. Pendant dix jours, trois artistes peintres locales investissent le village avec des œuvres qui jouent avec l’histoire et le paysage local. Un clin d’œil burlesque, comme le suggère le nom de l’association organisatrice, qui rappelle que le patrimoine n’est pas figé : il se réinvente, se questionne, et parfois même, se moque gentiment de lui-même.

Des idées pour prolonger la découverte

Si ces événements vous donnent envie d’explorer davantage, le Lot-et-Garonne regorge de lieux où le temps semble suspendu. À Le Mas-d’Agenais, le Christ sur la Croix de Rembrandt, offert au village au XIXe siècle, est une pépite méconnue. Son histoire rocambolesque – l’œuvre a failli être vendue aux enchères avant d’être sauvée in extremis – ajoute une touche de mystère à sa contemplation.

Pour les amateurs d’architecture, l’abbaye de Saint-Maurin est un témoignage saisissant de l’ordre bénédictin. Fondée à la fin du XIe siècle, elle a essaimé dans toute la région, et ses ruines imposantes invitent à imaginer la vie monastique d’autrefois. Enfin, à Agen, la boucle de Vérone offre une balade urbaine où se mêlent cathédrale classée à l’Unesco, maisons à pans de bois et vue sur la Garonne. Un condensé de ce qui fait la richesse du département : des paysages qui racontent des histoires, et des histoires qui donnent envie de revenir.

Ce week-end, le Lot-et-Garonne se révèle sous un jour à la fois généreux et discret. Pas de grand spectacle, mais une succession de petits bonheurs : un atelier qui s’ouvre, une confiture qui surprend, une toile qui intrigue. De quoi rappeler que les plus belles découvertes sont souvent celles que l’on fait en flânant, un peu au hasard des routes.

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