L'art et la nature en mouvement : une semaine à savourer en Dordogne

24 août 2026 · La rédaction de Sortir en Nouvelle-Aquitaine · Dordogne

L'art et la nature en mouvement : une semaine à savourer en Dordogne

Cette semaine, la Dordogne se fait galerie à ciel ouvert. Entre expositions éphémères et paysages qui inspirent depuis des siècles, l’été prend des allures de voyage immobile, où chaque détour révèle une nouvelle facette du territoire. Et si l’on commençait par ce qui, justement, ne bouge pas ?

Quand les pinceaux dialoguent avec la pierre

Périgueux s’impose comme le cœur battant de cette effervescence artistique. À la galerie Art’9, deux univers se répondent sans se ressembler : Le vertige des hanches, où Lioudmila Harscouet capture l’énergie des corps en mouvement, et les Carnets de voyages de Christophe Gay, où la photographie fige l’éphémère des horizons lointains. Deux approches, une même obsession : saisir l’instant qui échappe.

Mais c’est au cloître de la cathédrale Saint-Front que se joue l’événement le plus inattendu. Du 19 au 29 août, l’œuvre de Pang Maokun, peintre chinois de renom, investit ce lieu chargé d’histoire. Son classicisme revisité, où se mêlent tradition et modernité, trouve ici un écrin à sa mesure. Le contraste entre les voûtes romanes et les traits délicats de l’artiste promet une rencontre rare – d’autant que le vernissage, le 19 août, sera l’occasion de croiser l’artiste en personne. Un rendez-vous à ne pas laisser filer, tant ces échanges entre cultures et époques sont précieux.

Plus au sud, Sarlat accueille une autre forme de dialogue : celui entre la musique et l’image. Rock Stars, l’exposition de Carole Epinette, retrace trente ans de portraits rock, où chaque cliché raconte une histoire. Des visages connus ou oubliés, saisis dans leur vérité brute, entre ombre et lumière. Une plongée dans l’âme d’un genre qui a marqué des générations.

L’art hors les murs, entre terre et eau

À Brantôme, deux expositions se font écho sans se concurrencer. F. Jacquette et Yves Calméjane y dévoilent leurs univers respectifs, l’un peut-être plus abstrait, l’autre plus ancré dans le réel – les détails manquent, mais c’est justement l’occasion de se laisser surprendre. À quelques kilomètres de là, Vergt mise sur la douceur avec les œuvres de Virginie-Catherine Ponzone, où peinture et artisanat se mêlent pour créer des pièces uniques, à mi-chemin entre l’œuvre d’art et l’objet du quotidien.

Pour ceux qui préfèrent l’art en plein air, Lalinde propose une escapade sculpturale. Dominique Dubreucq y expose des pièces nées du talc et de l’argile, des matières tendres qui captent la lumière et semblent respirer. Associées à du bois flotté, ses créations évoquent la nature même qui les entoure – une harmonie qui invite à la contemplation.

Enfin, à Saint-Avit-Sénieur, deux photographes trémolacois, Bruno Boigontier et Alain Durieux, unissent leurs regards pour une exposition hybride au presbytère. Leur point commun ? Traquer le beau là où on ne l’attend pas, dans l’insolite du quotidien. Un parti pris qui rappelle que l’art n’a pas besoin de grands décors pour émerveiller.

La Dordogne comme terrain de jeu

Si les expositions occupent le devant de la scène, la Dordogne reste avant tout un territoire où l’aventure se vit les pieds sur terre – ou dans l’eau. À Jumilhac-le-Grand, la Semaine découverte pêche à la carpe offre une immersion dans l’univers du carpodrome, premier du genre en Périgord-Limousin. Une occasion de s’initier à une pratique exigeante, où patience et technique se mêlent, le tout dans un cadre préservé. Les amateurs de sensations plus douces pourront se rabattre sur les sentiers qui bordent les étangs et rivières : la boucle de la Madeleine, à Bergerac, est un classique qui ne déçoit jamais, avec ses 3,6 km le long de la Dordogne et ses passages sur le vieux pont, témoins d’une histoire qui se raconte à chaque pas.

Pour ceux qui préfèrent observer plutôt que pêcher, la vallée des Beunes, près des Eyzies, est un paradis discret. Classée réserve de biosphère par l’UNESCO, elle abrite une faune et une flore d’une richesse insoupçonnée. Les plus patients pourront y apercevoir des espèces protégées, comme la cistude d’Europe, cette tortue d’eau douce qui peuple encore les étangs de la Jemaye. Un rappel que la Dordogne, c’est aussi cela : un territoire où la nature reprend ses droits, loin du bruit et de l’agitation.

Issigeac, ou l’art de flâner

Terminons ce tour d’horizon par un détour à Issigeac, où le temps semble s’être arrêté. Ce bourg médiéval, avec ses maisons à pans de bois et ses ruelles pavées, est une invitation à la déambulation. La boucle qui traverse les zones naturelles d’intérêt écologique (ZNIEFF) alentour permet de prolonger la visite en douceur, entre patrimoine bâti et paysages préservés. Ici, pas besoin d’exposition pour se sentir inspiré : les pierres elles-mêmes racontent des histoires, et chaque pas est une découverte.

Cette semaine en Dordogne, c’est donc un peu tout cela : des coups de pinceau audacieux, des rencontres inattendues, et des paysages qui, sans faire de bruit, n’en finissent pas de captiver. À chacun de trouver son rythme, entre les salles d’exposition et les sentiers qui serpentent à travers le département. Une chose est sûre : on n’en ressort jamais tout à fait le même.

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