Neuf parcs des Deux-Sèvres où la nature prend le pouvoir

31 août 2026 · La rédaction de Sortir en Nouvelle-Aquitaine · Deux-Sèvres

Neuf parcs des Deux-Sèvres où la nature prend le pouvoir

Dans les Deux-Sèvres, les parcs ne se contentent pas d’offrir un peu d’ombre et de verdure. Ils racontent des histoires, transforment des paysages ou inventent des façons de bouger autrement. Voici neuf endroits où l’on vient moins pour cocher une case que pour vivre quelque chose de précis, que ce soit en marchant, en nageant ou simplement en regardant pousser les arbres.

1. Verger Conservatoire des Croqueurs de Pommes – Secondigny

Ici, les pommiers ne sont pas alignés comme à la parade. Le verger conservatoire sauvegarde des variétés oubliées, celles que l’on croquait directement sur l’arbre sans se soucier des étiquettes du supermarché. Depuis février 2024, Secondigny arbore fièrement son label « Station verte », mais c’est surtout l’engagement des bénévoles qui frappe : ils greffent, taillent et racontent les fruits comme on transmet un savoir-faire. Un parc où l’on repart avec des questions, pas avec des sacs de pommes calibrées.

2. Commanderie des Antonins – Saint-Marc-la-Lande

On dirait un décor de film médiéval, mais c’est bien réel : une commanderie du XIIe siècle perdue au milieu des champs, où des moines soignaient autrefois les malades avec des plantes et du vin. Le parc qui l’entoure n’a rien d’un jardin à la française ; c’est une étendue sauvage où l’on devine encore les traces des pèlerins de Compostelle. Pas de toboggans ni de pédalos, juste des pierres qui murmurent et des arbres qui ont vu passer des siècles de prières et de quêtes. Un lieu où l’on marche lentement, comme pour ne pas réveiller les fantômes.

3. Château et jardin des Loges – La Chapelle-Bâton

Le château des Loges se dresse au milieu d’un domaine boisé comme une énigme : on parle de la seigneurie dès le XVe siècle, mais c’est au XVIIe qu’un avocat du roi en a fait un lieu à son image, à la fois austère et raffiné. Le parc, lui, est resté fidèle à cette dualité. Pas de massifs géométriques, mais des allées qui serpentent entre les chênes, comme si le temps avait décidé de ne pas les bousculer. On y vient pour sentir l’épaisseur de l’histoire, pas pour un selfie devant une fontaine.

4. Logis du Grand Port – Vernoux-sur-Boutonne

Ce logis du XVIe siècle, avec ses tours et sa cour carrée, ressemble à une forteresse miniature. Le parc qui l’entoure est tout sauf monumental : quelques hectares de prairie où paissent des chevaux, bordés par la Boutonne qui coule sans se presser. L’endroit est discret, presque secret, comme si les propriétaires avaient voulu garder pour eux ce coin de campagne où l’on entend plus souvent le cri des buses que le bruit des voitures. Un parc où l’on se sent invité par hasard, pas par obligation touristique.

5. Parc du Château du Theil – Saint-Aubin-le-Cloud

Deux cents hectares de forêts, de prairies et d’étangs, le tout ceinturé par des douves : le parc du Theil est un monde à part. Pas de kiosque à glaces ni de manèges, juste des chemins qui s’enfoncent dans les bois et des clairières où l’on peut pique-niquer sans croiser personne. Le château, classé ISMH, se visite uniquement sur réservation, comme pour rappeler que ce lieu n’est pas une attraction, mais un patrimoine vivant. On y vient pour se perdre, pas pour suivre un itinéraire fléché.

6. Étang du Prieuré Saint-Martin – Verruyes

En juillet et août, l’étang de Verruyes se transforme en plage de campagne, avec ses pédalos, ses paddles et son petit restaurant qui sent la friture. Mais ce qui distingue ce lieu, c’est son côté « base de loisirs sans chichis » : pas de pelouses interdites, pas de consignes absurdes, juste un plan d’eau où l’on peut se baigner sans se sentir dans un parc aquatique. Le reste de l’année, c’est un endroit tranquille pour pêcher ou faire le tour de l’étang en écoutant les grenouilles. Un parc où l’on se sent chez soi, même sans y être jamais venu.

7. Plan d’O de Cherveux – Saint-Christophe

Ici, la nature sert de terrain de jeu. On y trouve de tout : téléski nautique, accrobranche, laser game en forêt, mushing… Mais contrairement aux parcs de loisirs classiques, tout est dispersé dans un cadre qui reste sauvage. Les activités ne sont pas regroupées dans un espace clos ; elles s’intègrent au paysage, comme si l’on avait décidé de profiter de la forêt et de l’eau sans les domestiquer. Un endroit où l’on peut passer de l’adrénaline à la contemplation en quelques pas.

8. Bike Park – Nueil-les-Aubiers

Dix-neuf pistes de VTT, accessibles sept jours sur sept, sans file d’attente ni forfait hors de prix. Le Bike Park de Nueil-les-Aubiers est une anomalie heureuse : un parc dédié aux deux-roues qui ne ressemble pas à un stade, mais à une forêt aménagée avec intelligence. Les pistes sont tracées pour épouser le relief, pas pour le dominer, et l’on peut y accéder directement depuis la Voie Verte. Un lieu où les cyclistes viennent pour le plaisir de rouler, pas pour battre des records.

9. Lac du Cébron – Saint-Loup-Lamairé

Créé dans les années 80 pour réguler les crues, le lac du Cébron est devenu un spot de loisirs sans jamais perdre son côté « nature brute ». On y fait de la voile, du paddle, ou simplement le tour à pied en suivant le parcours d’orientation. La baignade est interdite dans le lac, mais un bassin dédié, près du camping, permet de se rafraîchir. Ce qui frappe, c’est l’équilibre : entre activités sportives et moments de calme, entre eau et forêt, comme si le lac avait trouvé sa place sans avoir à tout sacrifier à la fréquentation touristique.

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