Neuf randonnées pour arpenter les Pyrénées-Atlantiques à pied
24 août 2026 · La rédaction de Sortir en Nouvelle-Aquitaine · Pyrénées-Atlantiques
Des crêtes du Pays basque aux collines du Béarn, les Pyrénées-Atlantiques offrent des itinéraires pédestres où chaque pas révèle un paysage, une histoire ou un savoir-faire. Voici neuf balades et randonnées qui se distinguent par leur caractère, leur ambiance ou ce qu’elles laissent entrevoir du territoire.
1. Ahüzki – Aussurucq
Ici, la montagne se fait secrète. Le massif karstique des Arbailles, creusé de grottes et de dolines, abrite une vie pastorale encore très présente. La fontaine d’Ahüzki, connue depuis des siècles, n’est qu’un prétexte pour s’enfoncer dans ce décor minéral où les bergers transhument avec leurs troupeaux. L’itinéraire serpente entre landes et forêts de hêtres, avec des points de vue discrets sur la Soule. Rien de spectaculaire, mais une immersion dans un monde où la roche et les hommes coexistent depuis toujours.
2. Entre bois et panorama – Monein
La balade commence dans les sous-bois de Monein, où le silence n’est troublé que par le craquement des branches sous les pas. Puis, sans crier gare, la forêt s’ouvre sur les crêtes de la Baylongue, et les Pyrénées surgissent à l’horizon. Le contraste est saisissant : d’un côté, l’ombre des chênes et des châtaigniers ; de l’autre, la lumière crue des coteaux qui dévalent vers la plaine. Les oiseaux de proie planent au-dessus des versants, et si l’on tend l’oreille, on entend parfois le brame d’un chevreuil. Une randonnée qui joue sur les nuances, entre intimité et grand large.
3. Lembeye : le chemin de la Ligne
Le Vic-Bilh garde les cicatrices de son passé ferroviaire. Entre 1904 et 1931, un tortillard à vapeur reliait Pau à Lembeye, et aujourd’hui, son tracé est devenu un chemin de promenade. Les ouvrages d’art – ponts métalliques, descentes d’eau – sont encore là, rouillés mais debout, comme des témoins muets d’une époque où le train rythmait la vie des villages. La balade suit les rails disparus, traversant des champs et des bosquets, avec des panneaux qui racontent l’histoire de cette ligne oubliée. Une façon de marcher dans les pas des voyageurs d’autrefois.
4. Sentier d’interprétation "Histoire de Mourenx" – Mourenx
Mourenx n’est pas une ville comme les autres : née dans les années 1950 pour loger les ouvriers du gaz de Lacq, elle est un laboratoire d’urbanisme et d’architecture moderne. Le sentier d’interprétation, inauguré en 2010, serpente entre les barres d’immeubles et les espaces verts, avec des panneaux qui expliquent comment une poignée de pionniers a bâti une ville ex nihilo. Le Belvédère offre une vue plongeante sur ce paysage urbain singulier, où les bâtiments en béton côtoient les Pyrénées en toile de fond. Une randonnée qui parle d’industrie, de migration et de rêves collectifs.
5. De Ainhoa au Col des Veaux – Ainhoa
Le départ se fait depuis l’un des plus beaux villages de France, avec ses maisons à colombages roses et ses ruelles pavées. La montée au calvaire est raide, mais une fois là-haut, le sentier s’aplanit et suit les crêtes arrondies qui séparent la France de l’Espagne. La vue porte loin : d’un côté, la plaine du Labour ; de l’autre, les vallées navarraises qui s’enfoncent vers le sud. Les pistes sont larges et faciles, idéales pour une balade sans difficulté, où l’on profite du vent et des couleurs changeantes des montagnes. Un itinéraire qui respire la frontière, à la fois proche et lointaine.
6. Le sentier des sommets – Ascain
Ascain, c’est le Pays basque en miniature : un fronton, des stèles discoïdales, et des collines qui annoncent la Rhune. La randonnée commence au cœur du village, puis s’élève doucement vers les premières croupes, où les fougères et les ajoncs dominent. Les chemins sont larges et bien tracés, mais c’est le paysage qui captive : des pâturages en terrasses, des fermes isolées, et au loin, la silhouette massive de la Rhune. Rien de vertigineux, juste une succession de panoramas qui donnent à voir la diversité du territoire basque, entre mer et montagne.
7. La cité bastionnée – Navarrenx
Navarrenx n’est pas une randonnée, mais une promenade urbaine qui vaut le détour. La ville est ceinte de remparts du XVIe siècle, et en faire le tour, c’est marcher sur les traces des soldats qui défendaient la place forte. Les murs offrent des vues imprenables sur le gave d’Oloron et les Pyrénées, mais c’est l’intérieur de la cité qui surprend : des ruelles étroites, des maisons en pierre, et une atmosphère qui oscille entre Béarn et Pays basque. Une balade où l’histoire se lit dans les pierres, et où chaque angle de rue réserve une nouvelle perspective.
8. GRP® Tour de la Vallée d'Ossau – Cabane d'Arriutort à Bilhères – Laruns
Ici, la montagne est sauvage, et le sentier exigeant. Le parcours, réservé aux randonneurs confirmés, suit les crêtes de la vallée d’Ossau, où les isards se déplacent avec une aisance déconcertante. La cabane d’Arriutort, perdue dans les alpages, est un repère pour les bergers et les marcheurs. Les paysages sont grandioses : des vallons déserts, des lacs d’altitude, et des sommets qui semblent toucher le ciel. L’orientation est parfois délicate, mais c’est le prix à payer pour une immersion totale dans un univers minéral, où l’homme n’est qu’un visiteur de passage.
9. De Esterençuby au col de Bagargiak – Estérençuby
C’est l’itinéraire le plus ambitieux de cette liste, et aussi le plus riche en découvertes. Le départ se fait depuis Esterençuby, puis le sentier s’élève vers le col de Bagargiak, traversant la forêt d’Iraty, l’une des plus vastes hêtraies d’Europe. En chemin, les cromlechs du Pic d’Occabe rappellent que ces montagnes sont habitées depuis la nuit des temps. Le pastoralisme est encore bien vivant ici, avec des troupeaux de brebis qui paissent sur les versants. Le dénivelé est important, mais la récompense est à la hauteur de l’effort : un panorama à 360 degrés sur le Pays basque, où les vallées s’étagent jusqu’à l’horizon.